LA RIVIERE GLACEE

10 juin 2007


CHAPITRE 6

        Les travaux de Pierre Haute ont duré six mois. Nos amis en ont profité pour préparer leur départ. Marie et Pierre ont mis en vente leur maison. David s’est débrouillé pour que Pierre touche rapidement sa prime d’assurance. Borg a décidé de garder son appartement de Paris pour ceux qui voudraient y faire un séjour. Comme Jeannot, qui doit être présent pour la parution de son livre ou pour David, qui s’occupe des démarches administratives ou tout simplement pour celui qui a envie de faire un petit séjour dans la capitale pour s’y distraire. Borg et Béryl ont suivi de près Pierre dans leur installation au domaine. Leur appartement nécessitait peu de réparation. Le personnel est arrivé ensuite, car il est plus que nécessaire d’avoir intendante, femmes de charge et jardiniers dans un endroit aussi grand. Ensuite, c’est Jeanot qui est venu, et il s’est tout de suite mis en recherche de quatre chevaux, ce qui, avec Beauty et Eureux, constitue un premier pas dans la création d’un véritable haras.

Si Béryl est d’accord pour la vie autarcique, elle pense qu’il serait intéressant d’avoir tout de même quelques contacts avec le village. Borg en discute avec elle, et ils se mettent d’accord pour qu’elle se présente aux personnalités du village : Le maire, le curé, le directeur de l’école, par exemple. Il n’est jamais bon, dit-elle de s’isoler dans un endroit où les ragots et les médisances prennent souvent racine dans l’ignorance. La distance est parfois interprétée comme un mépris, et la fondation ne doit pas faire l’objet de malveillance.

        La semaine suivante, elle téléphone donc d’abord au maire, et convient d’un rendez-vous dans l’après-midi. Ce monsieur est très aimable. C’est le plus important agriculteur du village, et bien qu’il soit porté sur l’immobilisme plutôt que l’évolution, il prend à cœur l’intérêt de chacun. Il paraît charmé par la présence de Béryl. D’abord pour sa beauté : Il semble encore assez vert malgré ses soixante-douze ans avoués, pour s’intéresser aux belles dames, puis est très flatté de la visite « des gens du château. » Béryl le questionne sur l’histoire du domaine, et le maire devient intarissable. C’est ainsi qu’elle apprend qu’il reste une descendante des seigneurs de Pierre Haute, et que cette personne a un cabinet de psychologie dans le village. Béryl exprime sa surprise de ce genre de profession dans un si petit village, et le maire répond que, justement, il fallait aller si loin pour en trouver un, que les gens alentour en sont heureux. Béryl le remercie vivement de son accueil, et s’en va vers le presbytère.

Le curé la reçoit gentiment. C’est un vieil homme fatigué et asthmatique, qui termine sa vie de service dans cet endroit paisible. Il accepte avec beaucoup de joie le don de Béryl pour ses oeuvres, et elle ne reste pas longtemps, car elle voit bien que le pauvre homme a du mal à respirer en parlant.

Comme il est alors l’heure de la sortie des classes, elle se dirige vers la petite école où elle retrouve Marie-Thérèse qui attend ses filles. L’instituteur la reçoit aimablement, mais Béryl ressent que l’homme a hâte de rentrer chez lui, et que cette visite l’intéresse peu. Ce n’est que lorsque qu’elle parle de Louise que son intérêt s’éveille. Il ne tarit pas d’éloge sur cette élève si douée, si vive, si gentille ! Béryl sourit. Ce n’est pas elle qui va le contredire. Elle prend donc congé de façon charmante, et l’instituteur la raccompagne jusqu’au portail en continuant l’énumération des dons de son élève préférée.

L’après-midi se termine par quelques achats chez les trois commerçants du village : l’épicier boucher, le boulanger, et le bar-tabac, marchand de journaux.

Béryl se fait la remarque que les « étrangers » sont bien mieux traités ici que dans la vallée de l’Eure. Les gens sont moins méfiants, plus chaleureux. Serait-ce la différence de climat ? Elle n’a pas encore assez voyagé pour s’en faire une idée, mais se promet d’en parler à David pour en savoir plus sur ce sujet.

De retour au domaine, il lui vient une idée qui semble idéale pour instaurer des relations amicales avec le village : Organiser une grande fête en invitant le maximum des habitants, et en y faisant participer tout le personnel. Ainsi, tout le monde connaîtra tout le monde, et il n’y aura pas d’ambiguïté. Lorsqu’elle en fait part à Borg, il décrète que c’est l’idée la plus géniale de tous les temps, et qu’il va voir de suite son père pour lui en parler. Il n’a même pas attendu qu’elle ait terminé de parler qu’il est déjà parti.

Posté par broceliande_8 à 10:42 - 3ème PARTIE - Chapitre 6 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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